Faut-il croire aux signes ? Au hasard de mes recherches, il y a quelques jours, j’ai retrouvé une photo datant de juin 2012. En arrière-plan, le visage de M.-G. M. qui se profile derrière le bouquet. Je le découvre aujourd’hui. Etait-il là auparavant ? Ayant l’intention de publier l’un de ses poèmes en hommage, j’attrape « Les Pensées de l’escalier » pour faire mon choix. A mon grand étonnement, le recueil s’ouvre sur « Je suis mort », un texte datant de 1963.

Je ne discuterai pas plus longtemps...

Je suis mort

Je ne vis plus

je suis mort et je vois

je longe les anges

je grignote les pleurs

je file au vent de haine

je gratte les guitares

je roule dans les chaînes

je rue

j’aboie

je range mes vieux livres

je compte les heures

je catinambule dans le pré Simon

je fais des ronds

je fume des peupliers

je bout-filtre les cendriers

je fais l’amour

je fais la vie

je fais le tour de la tour

je prends garde

je sèche les coeurs

j’assèche les sueurs

je viole des soeurs

je cornette au diable

je bâille aux corneilles

je racine les boileau

je torche

j’écorche

j’écosse

je tousse du sang

je sens du tout

je je et je te

je te et je me

je te me je te le

j’écarte

je ferme

j’oublie

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(Micberth, 12 août 1945-19 mars 2013)