Vociferations.jpgVient de paraître !

Nous sommes au début des années 70. Micberth est installé au château d'Igny dans le Cher. Il vient de terminer un stage de clinicien à l'hôpital psychiatrique de Chezal-Benoît. Avec Actual-Hebdo, sous le pseudonyme d'Éric Asudam, il devient le principal animateur de la presse parallèle. Dans son « Anthologie du pamphlet », Le Crapouillot le consacre comme l'un des grands pamphlétaires français depuis la Libération, aux côtés d'Anouilh, Céline, Bernanos, Mauriac, etc. L'hebdomadaire Minute lui ouvre ses colonnes. Micberth n'ayant d'autre maître que lui-même, entré au journal « en fanfare », selon l'expression du directeur, il en ressortira de la même manière, à l'occasion des élections présidentielles de 1974. Quelques mois plus tard, devenu leader de la Nouvelle Droite française politique, il sera incarcéré à Fresnes dans le cadre de l'affaire dite « des chèques Pompidou ».

Les textes réunis ici sont d'une rare violence et d'une étonnante liberté. Ce n'est pas encore le « Micberth » de La Lettre, qui sévira dix ans plus tard, mais ce fameux style « mèque » ou asudamien, « cette façon spécifique de mélanger au français orthodoxe une langue approximative, argotique et technique », très nouveau et décapant. Micberth gardera une tendresse toute particulière pour l'aventure humaine d'Actual-Hebdo qui publiera 40 numéros. La feuille pamphlétaire bouleversera les principes traditionnels de la presse et lui vaudra de nombreuses tracasseries administratives et judiciaires.

La publication de ces Vociférations, « pamphlets asudamiens » écrits en 1973-1974, qui offrent un regard décapant sur l'actualité d'alors, est sans doute bienvenue dans notre époque troublée. Morceau d'anthologie, elles font partie de l'histoire littéraire de notre pays.

Ces « Vociférations » ont 50 ans et une histoire pour le moins mouvementée. Elles réunissent les pamphlets de Micberth publiés sous le pseudonyme d'Éric Asudam ainsi que quelques inédits datant de 1974. Esprit libre et souvent précurseur, Micberth écrira : « J'ai impitoyablement pourfendu l'entendu, le conventionnel, la pensée unique, bref, j'ai déculotté les flics des idées. » Ses pamphlets des années 1970 en témoignent et conservent, malgré le temps, un goût savoureux de non-conformisme et de rébellion. Il nous a quittés en 2013. Son humour décapant nous manque cruellement.

Tous les ouvrages de M.-G. Micberth sont disponibles aux éditions Le Livre d'histoire-Lorisse.